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13th August 23:49
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Procès_d'une_bavure (et)
Bonjour,
Bernard CHATELAIN (FN) a écrit :
Si ils laissaient les jeunes tranquilles aussi... Ils nous emmerdent
avec leurs contrôles d'identité. Nous sommes tous frères, non ? Un-e
africain-e, un-e européen-ne, un-e asiatique, un-e sud-américain-e... ce
sont tous des humains, non ? Le droit du sol comme le droit du sang ne
sont fondés sur rien, le droit du sol, comme le droit du sang qui est
encore pire, furent créés par des imposteurs. Au nom de quoi un-e
africain-e aurait moins le droit d'habiter en France qu'un-e français-e
? A ce que je sache l'africain-e n'a pas choisi de naître en Afrique et
la/le français-e n'a pas choisi non plus de naître en France ? Au nom de
quoi ces gens-là devrait être confinés sur un territoire ? La liberté de
circulation est un droit imprescribtible, et la Terre appartient à
personne à ce que je sache, et encore moins à Bush & Cie ou aux
capitalistes.
Quant au cannabis, ce n'était pas une raison non plus. A ce que je
sache, le cannabis est moins dangereux que le tabac, et encore moins
dangereux que l'alcool. Arrête-t-on tous les clodos qui traînent une
bouteille à la main ? Arrête-t-on les fumeurs qui fument sur la voie
publique ? Il faut qu'il y ait égalité de traitement, un point c'est
tout. Si on interdit le cannabis, fermons déjà tous les bistrots et tous
les points de vente de tabac. Là évidemment, non, on n'y touchera pas
aux bistrots et aux tabacs, cela rapporte beaucoup trop pour l'Etat et
pour les industriels des alcools et du tabac. Qu'on légalise donc le
cannabis, l'Etat pourra ainsi le taxer, et les consommateurs pourront
disposer de cannabis de bonne qualité grâce au contrôle des filières
assuré par l'Etat, ce sera donc du gagnant-gagnant.
Je condamne bien évidemment la violence employée par ces jeunes. Sauf
que c'était là encore de la légitime défense. Les faits ne sont pas
retranscrits objectivement encore une fois. Voici ce dont nous informe
le Collectif “ Droit, justice et citoyenneté à Pantin ” :
APPEL POUR LE PROCÈS DE MEDHI ET TEWFIK
Le 10 novembre 2003
Tribunal d'instance de Bobigny, 13° chambre, à 13 heures
RAPPEL DES FAITS :
Le 24 juillet 2002, à la cité des Pommiers de Pantin, suite à un
contrôle d'identité, une policière a été grièvement blessée. Plusieurs
jeunes ont été incarcérés.
Médias et politiques se sont emparés de cette affaire en la présentant
comme une nouvelle preuve de la " sauvagerie " des " jeunes de banlieues ".
" Une quinzaine de jeunes " avec des " battes de base-ball ", ayant
tendu un " guet-apens ", un " traquenard " aux policiers…, ce récit
mensonger, diffusé par le syndicat de police SGP-FO et démenti le
lendemain par les policiers impliquées, a été repris unanimement par la
presse.
En pleine discussion sur la loi sur l'incarcération des mineurs, MM.
Sarkozy et Perben ont également repris cette version des faits, et
semblent attendre de la Justice qu'elle traite l'affaire comme un cas
exemplaire.
La vérité est pourtant tout autre.
Un jeune de 15 ans, d'allure particulièrement chétive, a été
interpellé extrêmement brutalement. Un autre jeune s'est inquiété de son
sort, et a reçu immédiatement un coup de tonfa d'un des policiers.
Une bagarre s'en est suivie. La policière a reçu un coup très violent
sur la figure : on ignore encore d'où il est parti.
Le jeune, et un de ses amis arrivé sur les lieux, se sont enfuis avec
la tonfa des policiers.
On ignore encore comment deux jeunes ont pu tenir tête à trois policiers
armés, les agresser cruellement, pour disparaître dans une cité…
Les jeunes ont toujours nié avoir blessé la policière et aucune preuve
de leur culpabilité n'a été apportée.
Les cassettes vidéos de ceux qui ont filmé les événements ont été
immédiatement confisquées par la police, qui a déclaré par la suite
qu'elles étaient hors d'usage.
Les témoignages des policiers ont beaucoup varié, et entraîné la mise en
Cause d'un certain nombre de jeunes tout à fait étrangers à l'affaire.
Dans les semaines qui ont suivi, des contrôles d'identité, parfois
violents, se sont multipliés contre des jeunes qui, là encore, n'étaient
en aucun cas impliqués.
UN SYNDICAT POLICIER EST ALLE JUSQUE A RECLAMER 10 ANS DE PRISON, CONTRE
DEUX JEUNES QUI SE SONT TOUT SIMPLEMENT INDIGNES DE LA BRUTALITE D'UN
CONTROLE DE POLICE
Il s'agira d'un procès en correctionnelle, les incriminations ayant été
requalifiées en violence volontaire en réunion ayant entraîné des ITT
sur agents de la force publique et soustraction d'un tonfa. La
préméditation, le guet-apens et l'utilisation d'armes (les battes de
baseball) ont été abandonnés.
Cependant ce procès se tient dans un contexte politique qui reste
extrêmement tendu, le ministre de l'Intérieur ayant fait allusion à de
très nombreuses reprises aux événements du 24 juillet 2002 à Pantin.
Il est à craindre une forte présence policière dans la salle.
C'est pourquoi il est nécessaire d'affirmer notre propre présence en
participant, dans le calme et la dignité (il s'agit d'une demande
expresse de l'avocat de Medhi, maître Henri Leclerc), à l'audience du 10/11.
Pour ce faire il convient d'arriver en avance (vers 12 heures) pour
pénétrer dans la salle du tribunal.
Nous comptons sur vous et sur votre capacité de mobilisation.
Collectif de soutien Droit, justice et citoyenneté de Pantin
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Encore une fois, c'est bien les forces de l'ordre (sic) qui sont à
l'origine des violences subies, et les jeunes ont recourues ici à leur
légitime défense.
Parole à la "banlieue" (je condamne la violence des propos et
l'incitation à la haine employées envers l'Etat et les forces de
l'ordre, et je ne cite ce texte que dans un but illustratif) :
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Assassin, L'Homicide volontaire, 1995
L'état assassine
(RS/DL) 6' 27
La justice n'a pas rendu le jugement
Que le peuple attend.
Voilà pourquoi, nous avons la haine
Contre leur système.
Shoot, shoot, le rythme suit sa route.
Plus de doute le posse Assassin fait partie des gens qu'on écoute.
Qui sont les criminels ?
Qui sont ceux qu'on enferme ?
A l'école on nous impose des modèles,
Mais la vie me révèle le côté réel des fils de pute qui nous gouvernent.
Pas un mot sur les crimes quand l'Etat assassine.
On t'opprime, si ça ne va pas, on te supprime.
Pô, pô, pô, voilà comment la police s'exprime.
Personne d'entre nous ne veut finir comme Malek Oussekine.
Bing, bang, la police est comme un gang.
De l'Afrique Noire au maghreb et de la Corse à l'Irlande.
Les minorités se lèvent, notre sang vient de la même sève.
C'est pour ça qu'il n'y a jamais de trève.
Je ne vote pas, la politique institutionnelle ne m'intéresse pas.
Je rappe pour les bas-fonds, pas pour les bouffons.
Notre cul n'est pas à vendre, mais pour le tien j'ai du plomb !
La justice juge sur des critères bien définis,
80 % des prisonniers sont ouvriers, chômeurs ou sans logis.
Combien de keufs sont incarcérés ?
Dites-moi simplement dans l'Histoire
Le nombre d'hommes politiques déjà condamnés ?
Christophe Matieu, Mohamed Diab ou le petit Thibeau
Sont tombés sous les balles, les porcs qui ont tiré sont bien au chaud.
Et nous, on nous reproche de semer la panique.
Atteinte à la sûreté de l'Etat quand Rockin' s'excite.
La jeunesse n'a pas besoin d'Assassin pour voir que l'Etat nous nique.
Et toutes ces conneries me donnent envie de shooter un ministre !
Zingue, zougue, zam, le undaground s'exprime.
Pendant que jour après jour l'Etat assassine !
L'Etat assassine, un exemple Malek Oussekine,
Bing, bang, la police est comme un gang.
Car l'Etat assassine Makomé en a été victime,
Bing, bang, la police est comme un gang.
L'Etat assassine, à deux doigts Rodney King,
Bing, bang, paix à toutes les victimes !
Vous voulez qu'on respecte votre Etat policier.
Vous nous dites que tout les flics ne sont pas mauvais.
Que si la police n'était pas là, ce serait pire encore.
Que la société a besoin de vous sans compter ses morts.
Mais c'est fini, le peuple se réveille et nous demandons des comptes.
Le pouvoir judiciaire doit prendre au sérieux ce que l'on raconte.
Car lourde est l'ambiance quand la bavure frappe.
La police et l'armée sont des gangs organisés, donc je prends mes marques.
Un exemple, leurs comportement dans les émeutes du 18ème.
Ils frappent les jeunes, les vieux, les enfants afin que l'ordre règne.
Nous ne sommes pas au premier chapitre des enculeries politiques,
Financières, policières, le business des affaires est prospère
Quand il se règle dans les couloirs des ministères.
Et pendant qu'Assassin est censuré quand il s'exprime,
Le gouvernement est à la tête d'un Etat qui assassine.
Refrain
Bing, bang, yeah money, je parle des bavures policières.
Oui mon frère, quand en un instant tout s'arrête.
Quand tu prends une bastos en pleine tête
Par les responsables du maintien de l'ordre public,
De l'ordre public, ou de l'ordre politique ?
Du délire d'un flic, ou l'erreur est humaine ?
Alors, moi aussi, dites- moi, je dégaine ?
Le crime, est-ce un produit du système ?
La haine appelle la haine, si ton esprit se referme.
Le doigt sur la gâchette, mon front transpire,
Mon coeur bat plus vite, mes pulsations s'excitent.
Le sang coule dans mes yeux, mais je mérite mieux.
Pourquoi le shooter lui et pas un autre ?
Si je shoote ce keuf, je devrais shooter les autres.
Mais ce sont des hommes !
Ca y est ma tête explose,
Toutes les valeurs s'entrechoquent,
Car la question que je me pose est:
Doit-on répondre de la même manière aux violences policières ?
Mais je ne changerai pas le cours de l'Histoire, si je shoote un
commissaire.
S' il a buté mon frère, ça pourrait me satisfaire.
Mais le cul entre quatre murs, il ne me restera que la prière.
Oh shit ! Ma personne s'excite !
Et mes doigts sur le calibre sont moites, tremblent et s'agitent.
Les secondes paraissent des heures ...
Et l'odeur de l'acier dans ma main a un goût de rancoeur.
Tant pis je shoote, tant pis je shoote,
Je n'en ai plus rien à foutre, dans ma tête il n'y a plus de doute !!!
Eh, Squat réveille-toi ... (scène du réveil)
Refrain
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Pour finir, parole à Lutte Ouvrière. Bien que je condamne la politique
prônée par l'extrême-gauche, je partage ici entièrement le point de vue
de LO :
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Lutte Ouvrière n°1804 du 28 février 2003
La police, cause d’insécurité
Le nombre de bavures policières est en hausse constante et régulière
depuis au moins cinq ans, aussi bien dans la région parisienne que dans
le reste de l’Hexagone, d’après les chiffres communiqués par les
services de police eux-mêmes. Pour l’IGS (l’Inspection générale des
services), la police des polices pour la région parisienne, le nombre de
"violences policières illégitimes", autrement dit de "bavures", a doublé
depuis 1997, passant de 216 à 432.
Dans le reste de la France cette tendance est confirmée. L’Inspection
générale de la police nationale a enregistré 548 plaintes suite à des
bavures au cours de l’année 2000. Elle en reconnaît 592 pour 2002. Des
commentateurs complaisants s’interrogent, avec le plus grand sérieux,
sur les causes de ces dérapages. Les victimes seraient-elles plus
enclines à porter plainte? Lorsque l’on connaît les difficultés
rencontrées pour voir ce genre de plainte enregistrée, puis pour la voir
aboutir, on peut en douter. Les victimes, appartenant le plus souvent
aux catégories matériellement les plus modestes et socialement les plus
fragiles de la population, sont aussi celles qui ont le plus de
difficultés pour entreprendre ce genre de démarches.
Sarkozy peut émailler ses encouragements au dynamisme répressif de ses
troupes de quelques rappels au "respect des valeurs républicaines". Il
n’en reste pas moins que la ligne générale reste de faire du chiffre.
Une consigne que les ministres de l’Intérieur précédents ne manquaient
pas de donner également.
L’orientation du gouvernement Sarkozy-Raffarin veut appliquer la
"tolérance zéro" et n’incitera certainement pas les policiers à plus de
circonspection dans leurs interventions.
A. V.
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Fraternellement,
Maël Monnier
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